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Artikle: GABON : après l'ère Bongo, les collusions entre pouvoir et pétrole restent au centre des interrogations

GABON : après l'ère Bongo, les collusions entre pouvoir et pétrole restent au centre des interrogations

GABON : après l'ère Bongo, les collusions entre pouvoir et pétrole restent au centre des interrogations

Derrière l’affaire Gunvor, le retour des soupçons sur les liens entre pouvoir et négociants pétroliers

Le départ des Bongo devait, selon certains observateurs, marquer une rupture. Une nouvelle ère, promettaient les autorités de transition, fondée sur la transparence, la souveraineté économique et la fin des pratiques opaques qui ont longtemps structuré les rapports entre l’État gabonais et certains groupes étrangers.

Mais moins de trois ans après le renversement d’Ali Bongo, les vieux démons du système pétrolier gabonais ressurgissent.

Le négociant suisse Gunvor, déjà éclaboussé par plusieurs affaires de corruption en Afrique, se retrouve à nouveau dans le viseur de la justice helvétique pour ses activités au Gabon. Selon plusieurs éléments révélés ces dernières semaines, les enquêteurs s’intéressent à des circuits financiers et à des mécanismes d’intermédiation qui rappellent les pratiques observées sous l’ancien régime.

Le problème est moins judiciaire que structurel.

Le pétrole, matrice du pouvoir gabonais

Au Gabon, le pétrole n’a jamais été seulement une ressource économique. Il constitue depuis des décennies la colonne vertébrale du pouvoir.

Sous Omar puis Ali Bongo, les réseaux pétroliers ont servi à financer des fidélités politiques, à structurer des alliances internationales et à maintenir un système fondé sur la proximité entre responsables publics et intérêts privés.

L’arrivée des militaires au pouvoir en 2023 avait nourri l’espoir d’un changement profond.

Mais dans les faits, les circuits d’influence semblent avoir survécu à la chute du régime.

Une continuité plus qu’une rupture

Le dossier Gunvor renvoie une image embarrassante pour les nouvelles autorités : celle d’un État qui continue d’évoluer dans des logiques où l’opacité reste dominante.

Certes, les acteurs changent. Les équilibres internes aussi.

Mais les méthodes, elles, paraissent étonnamment familières : négociations discrètes, contrats sensibles, intermédiaires influents et faible visibilité publique sur les mécanismes réels de décision.

Le sentiment qui domine aujourd’hui chez une partie des observateurs est celui d’une transition politique qui n’a pas réellement transformé les structures profondes du système gabonais.

Un pays prisonnier de sa dépendance pétrolière

Le Gabon reste confronté à une réalité simple : son économie dépend massivement des revenus pétroliers.

Cette dépendance crée un terrain favorable aux arrangements entre pouvoir et grands négociants internationaux, dont l’influence dépasse souvent le simple cadre commercial.

Dans ce modèle, les entreprises étrangères ne sont plus seulement des partenaires économiques. Elles deviennent des acteurs politiques indirects.

Et tant que cette dépendance persiste, les risques de collusion demeurent.

La malédiction des États rentiers

L’affaire Gunvor réactive finalement une question ancienne : le Gabon peut-il réellement sortir du modèle rentier construit autour du pétrole ?

Depuis des décennies, plusieurs pays producteurs africains sont enfermés dans une mécanique où la rente énergétique alimente simultanément richesse, corruption et fragilité institutionnelle.

Le Congo, l’Angola ou encore le Tchad ont connu des trajectoires similaires.

Le Gabon semble aujourd’hui confronté au même paradoxe : changer les hommes sans transformer le système.

Une transition sous surveillance

Pour les autorités de transition, l’enjeu dépasse largement le cas Gunvor.

Ce dossier devient un test politique : celui de la capacité réelle du nouveau pouvoir à rompre avec les pratiques qui ont longtemps caractérisé la gestion des ressources stratégiques du pays.

Car au-delà des discours de rupture, une question demeure : au Gabon, qu’est-ce qui a réellement changé ?

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Masolo mosusu

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