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Article: Frappe meurtrière au Pakistan : dix civils afghans tués dans une opération controversée

Frappe meurtrière au Pakistan : dix civils afghans tués dans une opération controversée

Frappe meurtrière au Pakistan : dix civils afghans tués dans une opération controversée

Encore un drame qui traverse la frontière pakistano-afghane comme une mauvaise habitude. Une frappe, des morts, des dénégations, et cette gêne palpable qui plane lorsque le mot “civil” s’invite dans les communiqués militaires. Dix Afghans ont été tués. Dix vies, balayées comme des poussières au nom de la “sécurité nationale”. Au Pakistan, on parle d’une opération “nécessaire”. À Kaboul, on hurle au crime. Et au milieu, un parfum de cynisme qui empoisonne la région depuis trop longtemps.

Un raid qui interroge plus qu’il ne rassure

La version officielle pakistanaise est, comme souvent, un modèle de concision. Une opération ciblant un groupe armé, probablement issu de la nébuleuse Tehreek-e-Taliban Pakistan, aurait dégénéré à la frontière. Islamabad assure avoir mené une action “chirurgicale”. Pourtant, les habitants afghans racontent un tout autre film.

Ils parlent d’une frappe tombée en plein hameau, sans le moindre combattant dans les parages. Des familles écrasées sous les décombres, des enfants fauchés dans leur sommeil. Le décalage est troublant. Et il renvoie à une vieille pratique : présenter les victimes civiles comme des “erreurs statistiques”, ces taches gênantes qu’on essuie du revers de la manche.

Cette rhétorique, le Pakistan en use depuis des années, surtout lorsque ses actions transfrontalières deviennent politiquement sensibles. En vérité, l’armée pakistanaise règle parfois ses comptes au lance-missiles, sans toujours distinguer entre ennemis réels et fantômes supposés.

Kaboul fulmine, Islamabad temporise, et la région observe

Dans cette tragédie, la réaction des talibans afghans est presque prévisible. Ils accusent Islamabad d’avoir violé leur souveraineté. Ils jurent riposte. Ils se parent soudain du costume de défenseurs de leur peuple. Ironique, pour un régime qui ne se prive pas de ses propres violences internes.

Mais il serait naïf de croire qu’ils n’ont pas, cette fois-ci, la légitimité de leur indignation. Dix civils tués sur leur sol, c’est un affront. Un affront coordonné ou accidentel, peu importe : le résultat est le même.

Ce jeu dangereux entre les deux pays s’inscrit dans un contexte explosif. Le Pakistan accuse l’Afghanistan de laisser prospérer les groupes hostiles à son État. Les talibans rétorquent qu’Islamabad cherche un prétexte pour étendre son influence. Et la population, elle, paye encore la facture des querelles géopolitiques.

Derrière cette affaire se profile aussi une bataille d’image. Le Pakistan veut apparaître comme un pilier de stabilité, notamment auprès de ses alliés chinois et américains. Alors, admettre publiquement une bavure serait reconnaître une fissure dans son récit sécuritaire. D’où cette communication glacée, presque mécanique, face à un drame très humain.

Dix morts, et personne pour en porter le poids

Au fond, c’est peut-être la partie la plus insupportable : l’absence de responsabilité. Personne ne s’excuse. Personne n’assume. Personne n’explique pourquoi une opération censée être “maîtrisée” s’est transformée en massacre.

On se retrouve face à une scène devenue banale dans cette région minée par la suspicion et les agendas contradictoires. Les Afghans se sentent sacrifiés par tous : les talibans qui gouvernent sans états d’âme, le Pakistan qui frappe sans vergogne, les puissances étrangères qui observent, calculent, attendent.

Dix morts. Dix anonymes pour le reste du monde. Dix raisons de plus pour que la frontière reste une cicatrice ouverte.

Et c’est peut-être là que réside le scandale : la répétition. Une répétition qui banalise l’inacceptable. Une répétition qui transforme chaque nouvelle frappe en simple mise à jour d’un conflit interminable. Une répétition qui permet aux puissants de dormir tranquilles pendant que des familles pleurent dans l’obscurité.

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