Article: Oligui Nguema remanie son gouvernement au Gabon : chute d’Oyima et jeux d’équilibre

Oligui Nguema remanie son gouvernement au Gabon : chute d’Oyima et jeux d’équilibre
Un pouvoir en quête de loyauté
Libreville. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a signé un remaniement majeur de son gouvernement en ce début janvier 2026. Le symbole est fort. Le puissant ministre de l’économie, Henri-Claude Oyima, ancien patron de BGFIBank, est écarté. Une figure influente de la finance disparaît du cercle exécutif.
Ce n’est pas un simple remplacement. C’est une recomposition profonde. Oligui a redistribué les cartes communautaires, familiales et politiques. Les postes clés sont offerts à des fidèles, des cadres rodés et des figures au profil plus technocratique.
Oyima : de la finance à l’exil politique
Henri-Claude Oyima n’est pas un ministre ordinaire. Patron historique de BGFI, banque panafricaine majeure, il avait été appelé à redresser les finances du pays.
Critiqué pour ses choix budgétaires et confronté à des incompatibilités politiques, son éjection résonne comme un avertissement.
Ce départ sonne aussi comme une mise à distance stratégique de l’un des acteurs économiques les plus puissants de la scène gabonaise contemporaine.
Thierry Minko : le technocrate en sentinelle des finances
À la tête du nouveau ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Oligui place Thierry Minko, un spécialiste plutôt qu’un poids lourd politique.
Ce choix en dit long : l’exécutif veut apparaître rationnel, technique, prêt à rassurer les marchés et les institutions financières. Mais c’est aussi un signal de contrôle accru, moins d’indépendance, plus d’alignement avec la ligne politique présidentielle.
Un gouvernement sous tension
Le remaniement consacre aussi la promotion d’Hermann Immongault et le retour de figures déjà connues de l’exécutif.
Cette recomposition n’est pas une révolution. Elle est une réaffirmation du pouvoir d’Oligui Nguema.
Depuis son accession à la présidence, après le coup d’État de 2023 et la transition politique qui a suivi, Oligui est critiqué. Son autorité dépasse les casernes, mais l’opposition, la société civile et des acteurs internationaux s’inquiètent d’un verrouillage du pouvoir et d’un retour à un pouvoir centralisé.
Son gouvernement est perçu comme moins ouvert, plus resserré autour de ses proches.
Au-delà des noms : ce que ça implique
Ce remaniement a trois implications majeures :
-
Politique : Oligui resserre son emprise, limite l’influence de réseaux économiques indépendants.
-
Économique : le remplacement d’Oyima, figure de la finance gabonaise par un technocrate marque un virage plus orthodoxe, face à la pression sur la dette et les défis budgétaires.
-
Social : dans un pays où le coût de la vie et les attentes citoyennes sont élevés, ces changements pourraient renforcer la défiance envers l’exécutif.
Gabon : un moment charnière
La chute d’Oyima n’est pas qu’un nom rayé dans un décret. Elle symbolise une bascule d’équilibres.
Dans la haute sphère gabonaise, les alliances se font et se défont en coulisses. Les équilibres communautaires, familiaux et politiques dictent désormais l’allure du pouvoir.
Oligui Nguema l’a bien compris. Son message est clair : le pouvoir se consolide, sans concession.

Laisser un commentaire
Ce site est protégé par hCaptcha, et la Politique de confidentialité et les Conditions de service de hCaptcha s’appliquent.