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Article: Crise au Venezuela : les réactions africaines face à l’intervention américaine et à la capture de Maduro

Crise au Venezuela : les réactions africaines face à l’intervention américaine et à la capture de Maduro

Crise au Venezuela : les réactions africaines face à l’intervention américaine et à la capture de Maduro

L’assaut militaire mené par les États-Unis au Venezuela les 2 et 3 janvier 2026, qui s’est soldé par la capture du président Nicolás Maduro, a suscité une onde de choc diplomatique bien au-delà des Amériques. Sur le continent africain, les réactions officielles reflètent à la fois une vigilance sur le respect de la souveraineté nationale, un appel à la médiation et au dialogue et des inquiétudes sur l’érosion de l’ordre international.

L’Union africaine appelle au respect de la souveraineté

L’Union africaine (UA) s’est rapidement exprimée pour condamner « l’enlèvement » de Nicolás Maduro par les forces américaines et exprimer sa solidarité avec le peuple vénézuélien. L’organisation panafricaine a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue, de responsabilité et de respect du droit international, soulignant que les défis du Venezuela ne peuvent être résolus que par un dialogue politique inclusif entre les Vénézuéliens eux-mêmes, dans un esprit de paix et de coopération internationale. 

Cette réaction illustre la préoccupation de l’UA face à toute action qui pourrait être perçue comme une violation de la souveraineté d’un État, un principe fondamental du droit international et de la Charte de l’UA.

Des appels à la paix plutôt qu’à l’embrasement

Plusieurs capitales africaines ont suivi cette ligne diplomatique, appelant à éviter une escalade régionale. Ces voix reflètent à la fois une défense du multilatéralisme et une réticence à voir une grande puissance intervenir militairement sur le territoire d’un pays tiers sans mandat clair d’une instance internationale comme l’ONU.

Même si la position de nombreux États africains n’a pas été détaillée individuellement, le principe de non-ingérence dans les affaires internes et de règlement pacifique des différends figure au centre des déclarations africaines, y compris celles relayées par l’UA. 

Des inquiétudes pour l’ordre international et la souveraineté

Au-delà de la position officielle de l’Union africaine, certains observateurs et responsables diplomatiques africains ont exprimé des préoccupations sur l’impact potentiel de cette intervention sur l’ordre mondial, déjà fragilisé par des crises successives. La capture de Maduro par des forces étrangères sans résolution explicite du Conseil de sécurité de l’ONU est perçue par plusieurs acteurs comme un précédent dangereux, susceptible d’encourager d’autres interventions unilatérales.

Cette inquiétude est d’autant plus vive que l’action américaine est intervenue dans un contexte où la relation entre puissances mondiales et pays du Sud est déjà tendue, notamment autour des questions économiques, monétaires et géopolitiques. La montée de blocs comme les BRICS, cherchant à diversifier les alliances et à réduire l’hégémonie monétaire traditionnelle, trouve écho dans plusieurs capitales africaines qui suivent de près ces évolutions.

Entre solidarité africaine et réalités diplomatiques

La réaction africaine s’inscrit aussi dans une logique de solidarité entre nations historiquement soucieuses de leur indépendance et de leur souveraineté, des principes hérités des luttes anticoloniales. Si aucun État africain n’a appelé ouvertement à un soutien politique ou militaire à Maduro dans les jours suivant l’événement, la tonalité générale des réactions diplomatiques met en avant :

  • la nécessité de respecter la Charte des Nations unies et les normes du droit international,

  • la priorité donnée à une solution politique négociée, et

  • l’importance d’éviter que la crise ne déborde sur d’autres régions ou ne serve de justification à des interventions sans mandat. 

Cette approche témoigne d’un équilibre délicat : les États africains entendent défendre les principes de souveraineté et de règlement pacifique, tout en naviguant dans un cadre international de plus en plus polarisé par les tensions entre grandes puissances.

Les réactions africaines après l’intervention américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro ont principalement convergé vers un appel à la retenue, au respect du droit international et à un règlement pacifique des différends, incarné notamment par les positions de l’Union africaine. Elles reflètent une préoccupation plus large quant à l’avenir de la gouvernance mondiale, de la souveraineté des États et des normes qui régissent l’engagement des grandes puissances sur la scène internationale.

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