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Article: Hausse des taxes Airbnb à Cape Town : une décision qui inquiète investisseurs et propriétaires

Hausse des taxes Airbnb à Cape Town : une décision qui inquiète investisseurs et propriétaires
Afrique du Sud

Hausse des taxes Airbnb à Cape Town : une décision qui inquiète investisseurs et propriétaires

Une décision municipale qui tombe comme un pavé dans l’océan touristique

À Cape Town, le soleil brille, les plages attirent, les devises étrangères affluent. Et pourtant, l’administration municipale semble décidée à refroidir l’un de ses moteurs économiques les plus dynamiques : la location courte durée. Dans les bureaux feutrés de la ville, une idée gagne du terrain. Augmenter les taxes appliquées aux logements loués via Airbnb et plateformes similaires. Officiellement, il s’agit de rééquilibrer le marché immobilier. Officieusement, la mairie cherche de nouvelles recettes fiscales.

Le discours est rodé. Trop de logements échappent au marché locatif classique. Les résidents permanents seraient chassés par des propriétaires avides de rendements touristiques. Les quartiers se « muséifient ». Sur le papier, l’argument paraît social. Dans la réalité, il est terriblement simpliste.

Car Airbnb n’est pas une anomalie. C’est un symptôme. Celui d’une ville mondiale, désirable, connectée, qui attire travailleurs nomades, touristes européens, investisseurs africains. Taxer plus lourdement ce phénomène revient à punir le succès, sans jamais traiter les vraies causes de la crise du logement : lenteur administrative, manque de construction, urbanisme figé.

Airbnb, bouc émissaire commode d’un échec structurel

Il est plus facile de viser Airbnb que de se regarder dans le miroir. Depuis des années, Cape Town peine à produire suffisamment de logements abordables. Les projets stagnent. Les permis de construire s’éternisent. Les infrastructures ne suivent pas. Et pendant ce temps, la population augmente, la pression foncière s’intensifie.

Face à cette impuissance, la location courte durée devient la cible idéale. Visible. Médiatique. Facile à désigner. Mais soyons sérieux. Les logements Airbnb ne représentent qu’une fraction du parc immobilier total. Leur suppression ou leur surtaxation ne fera pas miraculeusement baisser les loyers à Khayelitsha ou Mitchells Plain.

En revanche, l’impact économique d’Airbnb est, lui, bien réel. Des milliers de petits propriétaires complètent leurs revenus. Des emplois indirects sont créés. Ménage, maintenance, sécurité, restauration, transport. Tout un écosystème vit de cette manne touristique diffuse, bien plus inclusive que les grands hôtels détenus par des groupes internationaux.

En surtaxant ces logements, la municipalité envoie un signal clair : investir à Cape Town devient risqué, instable, politiquement imprévisible.

Une stratégie à courte vue dans une économie sous tension

L’Afrique du Sud traverse une période économique fragile. Inflation persistante. Chômage massif. Coupures d’électricité chroniques. Dans ce contexte, toute activité capable d’attirer des devises étrangères devrait être protégée, encouragée, facilitée. Pas pénalisée.

Cape Town s’est longtemps distinguée du reste du pays par son pragmatisme économique. Par une gouvernance perçue comme plus rationnelle, plus pro-business. Cette réputation est aujourd’hui en jeu. Car augmenter les taxes sur Airbnb, ce n’est pas seulement toucher les propriétaires. C’est fragiliser l’image d’une ville ouverte, moderne, accueillante.

Les touristes ne disparaîtront pas. Ils iront ailleurs. À Lisbonne. À Marrakech. À Zanzibar. Les investisseurs, eux, réfléchiront à deux fois avant d’acheter un bien dans une ville où la règle du jeu peut changer du jour au lendemain sous la pression politique.

La mairie prétend défendre les habitants. Elle risque surtout de réduire l’activité, donc les recettes fiscales globales, donc sa capacité à financer les politiques sociales qu’elle invoque

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