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Article: Tunisie : Kaïs Saïed prolonge l’état d’urgence jusqu’en décembre 2026

Tunisie : Kaïs Saïed prolonge l’état d’urgence jusqu’en décembre 2026
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Tunisie : Kaïs Saïed prolonge l’état d’urgence jusqu’en décembre 2026

Reconduit sans interruption depuis 2015, le régime d’exception continue de façonner la vie politique et sécuritaire du pays.

Le président tunisien Kaïs Saïed a décidé de prolonger l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national du 31 janvier au 3 décembre 2026, par décret présidentiel. Une mesure qui s’inscrit dans une continuité exceptionnelle : l’état d’urgence est en vigueur sans interruption depuis le 24 novembre 2015, soit plus de dix ans.

Un dispositif hérité d’un traumatisme sécuritaire

L’état d’urgence avait été instauré à la suite de l’attentat meurtrier visant un bus de la Garde présidentielle en plein centre de Tunis, la capitale. L’attaque avait coûté la vie à 12 membres des forces de sécurité et fait 16 blessés, parmi des agents et des civils. À l’époque, la Tunisie faisait face à une vague d’attaques terroristes qui avaient profondément marqué l’opinion publique et fragilisé les institutions.

Depuis, le dispositif d’exception a été régulièrement reconduit, devenant un outil permanent de gestion sécuritaire. Il confère aux autorités des pouvoirs élargis : restrictions de circulation, interdictions de rassemblements, assignations à résidence et renforcement des prérogatives des forces de l’ordre.

Sécurité, gouvernance et libertés publiques

Sous la présidence de Kaïs Saïed, la prolongation de l’état d’urgence s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par une centralisation du pouvoir exécutif et une redéfinition du fonctionnement institutionnel du pays. Les autorités justifient ces mesures par la persistance de menaces sécuritaires et la nécessité de préserver la stabilité nationale.

À l’inverse, des acteurs de la société civile et des observateurs internationaux s’inquiètent d’une banalisation de l’exception, soulignant les effets durables sur les libertés publiques, le droit de manifester et l’équilibre démocratique. Pour eux, l’urgence sécuritaire tend à devenir la norme politique.

Une exception appelée à durer ?

La nouvelle échéance fixée à décembre 2026 interroge sur l’avenir du cadre juridique tunisien. Dix ans après son instauration, l’état d’urgence apparaît moins comme une réponse ponctuelle à une crise que comme un mode de gouvernance durable, dans un pays toujours confronté à des défis économiques, sociaux et sécuritaires majeurs.

En Tunisie, la question n’est plus seulement celle de la sécurité, mais celle de la frontière entre protection de l’État et préservation des libertés, un débat central qui dépasse désormais les seules considérations sécuritaires.

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